Le COBOL est né en 1959. À cette époque, les ordinateurs occupaient des salles entières. La programmation se faisait sur des cartes perforées. On aurait pu croire ce langage disparu depuis longtemps. Pourtant, il n’en est rien.
Le COBOL continue de fonctionner aujourd’hui. Il tourne discrètement au cœur des plus grandes organisations françaises. Banques, assurances, administrations, transporteurs : tous l’utilisent encore massivement. Simplement, on ne le voit pas.
Pour celles et ceux qui cherchent une évolution professionnelle solide, ce langage ancien représente une piste paradoxalement moderne. La raison tient en un mot : la rareté.
Un accès gratuit à un environnement mainframe réel est d’ailleurs disponible pour vous permettre de tester par vous-même. Nous y reviendrons.
Un socle invisible mais omniprésent
Vous effectuez un virement bancaire. Derrière, du COBOL travaille. Votre fiche de paie est éditée chaque mois. Encore du COBOL. La Sécurité sociale calcule vos droits. Toujours du COBOL.
Pourquoi cette omniprésence ? Dans les années 1960 et 1970, les grandes institutions ont choisi ce langage pour construire leurs systèmes centraux. Il offrait ce dont elles avaient besoin : une fiabilité sans faille. Et une capacité à traiter des volumes massifs de données.
Ces systèmes ont été perfectionnés pendant des décennies. Maintenus, enrichis, sécurisés. Ils représentent aujourd’hui un patrimoine logiciel colossal. Le réécrire dans des langages plus récents ? Cela nécessiterait des investissements gigantesques. La plupart des organisations y ont renoncé. Elles préfèrent faire évoluer l’existant.
Ainsi, des milliers de programmes COBOL s’exécutent chaque jour. Ils gèrent des millions de transactions. Avec une régularité d’horloge suisse. L’utilisateur final, lui, interagit avec des applications modernes. Il ignore que du COBOL travaille en dessous.
Un déséquilibre qui change la donne
Les informaticiens qui ont conçu ces systèmes arrivent aujourd’hui à la retraite. Pendant quarante ans, ils ont accumulé une expertise précieuse. Personne n’a vraiment pris soin de la transmettre.
Pourquoi ? Parce que les générations suivantes ont été formées ailleurs. Java, Python, développement web, intelligence artificielle. Le COBOL a progressivement disparu des programmes pédagogiques. Les écoles d’informatique l’ont jugé trop ancien. Trop ringard.
Il en résulte une situation paradoxale. La demande de compétences COBOL reste stable. Les systèmes sont toujours là, après tout. Mais l’offre de professionnels capables de les maintenir s’amenuise. Année après année.
Dans tout marché, un tel déséquilibre a un effet mécanique. La valeur des compétences rares augmente. C’est exactement ce qui se passe.
Les développeurs qui maîtrisent cet environnement négocient aujourd’hui des rémunérations très attractives. Les cabinets de recrutement spécialisés le confirment. Certains profils COBOL expérimentés se situent dans les premiers salaires de l’informatique.
La raison est simple. Quand une banque doit modifier son système de gestion des comptes, elle n’a pas le choix. Elle doit trouver quelqu’un qui sait parler COBOL. Et elle est prête à payer pour cela.
Les caractéristiques d’un langage conçu pour durer
Le COBOL a été pensé à une époque particulière. L’informatique devait être comprise par les directions métier. Pas seulement par les techniciens.
Ses instructions sont donc proches de l’anglais courant. On écrit “ADD 1 TO compteur”. On écrit “IF solde IS NEGATIVE THEN PERFORM traitement-erreur”. Cette lisibilité a rassuré les entreprises. Elle a contribué à l’adoption massive du langage.
La structure des programmes est particulièrement rigoureuse. Chaque programme est divisé en sections obligatoires. On commence par identifier le programme. Puis on déclare toutes les données. Ensuite seulement, on écrit les traitements. Cette discipline impose une organisation méthodique.
Dans un environnement où la moindre erreur peut coûter des millions, cette rigueur est un atout précieux. Elle permet de maintenir la qualité du code sur le long terme. Très long terme, même.
Le langage a par ailleurs été conçu pour traiter des volumes de données considérables. Une application moderne peut peiner à charger un fichier de plusieurs gigaoctets en mémoire. Un programme COBOL bien écrit, lui, le parcourra sereinement. Enregistrement après enregistrement. Sans jamais faiblir.
L’environnement spécifique du mainframe
Le COBOL vit habituellement sur des mainframes. Ces grands ordinateurs centraux équipent les organisations de taille importante. Les modèles actuels d’IBM sont les plus répandus. Ils font tourner un système d’exploitation appelé z/OS.
C’est un environnement spécialisé. Avec ses propres outils. Son propre vocabulaire. Pour travailler sur ces machines, on utilise TSO pour se connecter. ISPF pour éditer des fichiers. JCL pour lancer des traitements. SDSF pour consulter les résultats.
Cet écosystème peut sembler déroutant au premier abord. Mais il est parfaitement documenté. Et parfaitement cohérent. Les professionnels qui le maîtrisent forment une communauté restreinte. Une communauté assez soudée, aussi.
L’accès à cet environnement a longtemps constitué un obstacle majeur. Les mainframes coûtent trop cher pour être achetés à titre individuel. Et les entreprises ne donnent pas facilement accès à leurs systèmes de production. Comprendre le COBOL sans jamais voir de mainframe, c’était un peu comme apprendre à nager sans eau.
La formation d’introduction au COBOL sur z/OS mentionnée plus haut vous ouvre cette porte. Elle vous donne vos propres identifiants pour vous connecter à un mainframe réel et y exécuter vos premiers programmes. Une opportunité concrète pour celles et ceux qui veulent explorer cette voie sans engagement.