Vous avez déjà eu cette sensation inconfortable ? Vous parlez, vous expliquez, vous argumentez et pourtant, vous sentez que ça ne “prend” pas. Les regards se perdent, les questions qui suivent sont à côté, et vous repartez avec ce doute tenace : “Mais qu’est-ce qui s’est passé ?”
Pas de panique. Ce n’est pas votre idée qui était mauvaise. C’est peut-être juste que vous parliez à votre public… sans vraiment vous adresser à lui.
On croit souvent que bien parler, c’est bien s’exprimer
C’est l’erreur classique. On travaille son fond, on soigne ses arguments, on structure son propos et on oublie l’essentiel : la communication, c’est ce que l’autre reçoit, pas ce que vous émettez.
Un discours brillant devant le mauvais public, c’est comme une blague racontée dans la mauvaise langue. Le problème n’est pas la blague.
Les professionnels qui convainquent vraiment, en réunion, en entretien, face à un client ou une salle entière, ont compris une chose simple : parler, c’est d’abord écouter et observer avant même d’ouvrir la bouche.
Connaître son public, c’est du concret, pas de la magie
Adapter son discours ne veut pas dire “être sympa avec tout le monde” ou jongler avec des techniques obscures. Ça commence par des questions très pratiques.
À qui est-ce que je parle, vraiment ? Un directeur financier et un responsable terrain n’ont pas les mêmes priorités, le même vocabulaire, ni la même façon d’évaluer une information. Parler chiffres et ROI à l’un, impact terrain et charge de travail à l’autre : même sujet, deux discours différents.
Qu’est-ce qui les concerne, eux ? Pas vous, pas votre projet dans l’absolu, mais eux, leur quotidien, leurs enjeux. C’est ce qu’on appelle les lois de proximité : plus votre propos touche à ce que votre interlocuteur vit, ressent ou connaît, plus il accroche. Un exemple local, une référence à leur secteur, une situation qu’ils ont vécue et soudain, vous n’êtes plus en train de “présenter”, vous êtes en train de dialoguer.
Quel est leur état d’esprit du moment ? Un public stressé, une salle après-déjeuner, un manager sous pression ou une équipe en plein changement : le contexte change tout. S’y adapter, c’est déjà montrer de l’intelligence relationnelle.
Ce que vous dégagez compte autant que ce que vous dites
Il y a ce que vous dites. Et il y a tout le reste : votre ton, votre rythme, votre posture, l’énergie que vous mettez dans la pièce. Ce “reste” représente une part énorme de la façon dont votre message est reçu.
Vous pouvez avoir les bons mots et le mauvais débit. Vous pouvez avoir les bons arguments et un regard fuyant qui mine votre crédibilité. À l’inverse, quelqu’un qui parle avec calme, qui regarde, qui module sa voix inspire confiance avant même la première phrase vraiment importante.
La bonne nouvelle ? Tout ça s’apprend et se travaille. Ce n’est pas une question de charisme inné, c’est une question de conscience et de pratique.
Adapter son discours, ce n’est pas se trahir
Une dernière chose, parce que c’est souvent ce qui bloque : adapter son discours, ce n’est pas être caméléon au point de perdre son authenticité. Ce n’est pas de la manipulation ni de la flatterie.
C’est simplement respecter votre interlocuteur assez pour lui parler à lui, avec ses repères, dans sa réalité. Vous restez vous. Vous choisissez juste la porte d’entrée la plus efficace.
Les meilleurs communicants ne sont pas ceux qui ont le plus à dire. Ce sont ceux qui savent à qui ils le disent, comment, et pourquoi maintenant.
Vous voulez aller plus loin ?
Si ce sujet vous parle et que vous sentez qu’il y a là un vrai levier pour votre carrière, Bpifrance Université propose une formation en ligne très accessible sur exactement ce thème. Elle fait partie d’une série complète dédiée à la prise de parole en public, avec des vidéos, des outils concrets et des mises en pratique.
→→→Découvrir la formation sur Bpifrance Université←←←
Pas besoin d’être dirigeant de grande entreprise pour en tirer profit : juste l’envie de mieux convaincre, et d’en faire un vrai atout professionnel.